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	<title>Epistolaire.org &#187; comptes rendus de correspondances</title>
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	<description>Association Interdisciplinaire de Recherches sur l&#039;Epistolaire</description>
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		<title>John Dos Passos, Lettres à Germaine Lucas-Championnière</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Oct 2013 15:03:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[marianne]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[John Dos Passos, Lettres à Germaine Lucas-Championnière / édition de Mathieu Gousse, Gallimard, 2007 (Coll. Arcades), 275 p. John Dos Passos et Germaine Lucas-Championnière se rencontrent à Paris en 1919 et vont correspondre pendant dix ans. C’est d’abord la passion pour la musique qui a uni l’écrivain à cette jeune femme moderne et cultivée rencontrée [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><b>John Dos Passos, <i>Lettres à Germaine Lucas-Championnière</i> / édition de Mathieu Gousse, Gallimard, 2007 (Coll. Arcades), 275 p.</b></h2>
<p style="text-align: justify;">John Dos Passos et Germaine Lucas-Championnière se rencontrent à Paris en 1919 et vont correspondre pendant dix ans. C’est d’abord la passion pour la musique qui a uni l’écrivain à cette jeune femme moderne et cultivée rencontrée lors d’un concert salle Gaveau (Dos Passos lui écrit pour la première fois pour obtenir des renseignements sur Darius Milhaud). Tous deux partagent une immense curiosité intellectuelle et une grande culture, d’autant plus qu’ils évoluent dans le Paris bouillonnant de l’immédiat après-guerre. La préface présente de façon très complète tout ce qui fonde l’intérêt ce cet échange : Dos Passos parcourt le monde pendant ces années, et ses lettres à Germaine constituent de très riches relations de voyage ; Mathieu Gousse met aussi l’accent sur les liens unissant certaines de ces missives et le texte autobiographique <i>La belle vie</i> ; il insiste sur l’importance de la figure de Germaine, qui deviendra un personnage dans le roman <i>Terre élue</i> ; signale le charme stylistique de ces textes écrits en français par un Américain, et qu’il a choisi de publier sans rien corriger des fautes et libertés grammaticales. C’est sur ce point tout d’abord que nous voudrions nous attarder. Le choix éditorial opéré est en effet audacieux. Mathieu Gousse s’en explique : « il serait dommage de passer à côté de certaines trouvailles lexicales et plus largement de cette liberté de Dos Passos face aux convenances de la langue française, et de sa propension très ludique à les détourner. Certaines fautes frôlent parfois le lapsus et il nous a donc paru intéressant de proposer une transcription fidèle à l’original » (p. 39). Le résultat est très étrange, d’abord parce que nous ne sommes pas habitués à lire des lettres publiées avec des fautes (tout l’éventail des erreurs susceptibles de commettre un locuteur anglophone est représenté : genre des substantifs, ordre des mots, conjugaison, etc) ; ensuite et surtout ces fautes frappent d’autant plus que Dos Passos s’exprime dans une langue française assez belle, littéraire, très riche lexicalement, ce qui génère un effet de contraste surprenant. Le style de ces missives mériterait d’être précisément analysé pour évaluer où finit la maladresse syntaxique et où commence aussi la part de jeu sur la langue dont parle l’éditeur. Quoi qu’il en soit, l’ensemble est séduisant, tout d’abord parce que ce choix de transcription nous donne véritablement à entendre la voix de Dos Passos, lui donne chair dans ses aspérités maladroites. De plus, il y a de fort belles étrangetés stylistiques, mêmes s’il est peu probable qu’elles aient été toujours conscientes et délibérées. Nous en proposerons quelques-unes : « Écrivez moi [sic] d’autres lettres pleines de marécages et de bêtes féroces de la jeunesse du monde » (p. 58) ; « Ici la vie se tord en agonie » (p. 123) ; « Tout marche à travers. Mes travaux marchent comme les langoustes en reculant » (p. 125). Cette langue irrévérencieuse et bizarre cadre très bien avec la posture du personnage de Dos Passos, qui jamais ne pose, mais s’attache au contraire à narrer sa vie à sa destinataire avec humour et légèreté. Ceci est surtout notable dans les lettres de relation de voyage (en Espagne, au Portugal, en Angleterre, au Maroc, au Liban entre autres), que l’écrivain pratique excellemment. C’est le second point sur lequel nous insisterons. Dos Passos exploite toute la palette rhétorique offerte par la relation de voyage : saynètes, récits, anecdotes, peintures de paysages, choses vues, narrations de traversées, etc. L’extrême curiosité de l’épistolier, sa grande culture (les références littéraires, historiques, architecturales, picturales… foisonnent) et le soin qu’il met à écrire dans une langue belle et riche donnent à ces lettres une dimension littéraire certaine. Celles-ci charment aussi par le vagabondage intellectuel dont elles témoignent ; rien n’est jamais pompeux, Dos Passos livrant avec légèreté et drôlerie ses impressions de voyage, dans un style qui mime le mouvement, de l’esprit et du corps, saisis dans leur spontanéité (jeux du « coq à l’âne » notamment). L’épistolier peut parler d’un phénomène très élaboré d’architecture ou d’histoire puis passer ensuite naturellement à la mention immédiate et vivante d’un moment vécu dans toute sa simplicité (le ciel, les couleurs, ce qu’il est en train de manger) : « Contre un ciel très pâle, drapeaux rouges, vertes [sic], bleus – odeurs de fleurs d’acacia, de fleurs d’orangers de friture à l’huile – je suis en train de manger un plat de ‘buñelos’ à une petite table près d’un carrousel qui emiette [sic] une musique grinçante entre le brouhaha de la foire. C’est la Féria à Séville » (p. 83). Il y a dans ces missives un art de la peinture « hic et nunc », faite de moments, d’instants et de sensations au présent : « Maintenant c’est très tard. La lune se penche vers la mer. J’entends des rires des aboiements de chiens, des coqs qui chantent minuit. La Corne d’or est une lame d’acier. Sous mon balcon il y a un [sic] poussière de petites lumières du faubourg Kassim Pacha un peu voilées par un petit brouillard argenté. » (p. 132). La culture n’est jamais une fin en soi, elle se livre « au passage », par touches : « Nîmes m’a charmé. Une grâce maniérée, Louis XV et Caesar Auguste – et le doux romanticisme de Tibullus et Watteau. / C’est fameux le mistral. Un vent qui vous donne un appétit terrible » (p. 85). Certaines images sont drôles. Le Mistral est « un bonhomme aux joues bouffies, comme dans un relief antique » (p. 86) ; Dos Passos part en Auvergne avec « un Rabelais un Pierre Vidal, un livre de fruits confits, et des gros nuages melancholiques [sic] qui aplatissent les montagnes avec leur ventre de pourpre comme les vaches qui se couchent dans les prés aplatissent les herbes folles. » (p. 93). L’éditeur opère un rapprochement pertinent entre ces lettres et des croquis, que Dos Passos esquisse aussi pendant ces déplacements. Ce recueil mérite de rejoindre les plus intéressantes relations de voyage que compte le genre épistolaire.</p>
<p style="text-align: right;">S.A.</p>
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		<title>Jean Lorrain. Lettres à Gustave Coquiot / réunies, présentées et annotées par Eric Walbecq</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Oct 2013 15:01:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[marianne]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[comptes rendus de correspondances]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean Lorrain. Lettres à Gustave Coquiot / réunies, présentées et annotées par Eric Walbecq, Champion, 2007 (Coll. Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux), 232 p. Les trente-cinq lettres rassemblées dans ce recueil nous font découvrir, ou redécouvrir, la figure trop peu connue du critique d’art et homme de lettres Gustave Coquiot, qui soutint pourtant des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2 align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><i><b>Jean Lorrain. Lettres à Gustave Coquiot</b></i></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><b> / réunies, présentées et annotées par Eric Walbecq, Champion, 2007 (Coll. Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux), 232 p.</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;">Les trente-cinq lettres rassemblées dans ce recueil nous font découvrir, ou redécouvrir, la figure trop peu connue du critique d’art et homme de lettres Gustave Coquiot, qui soutint pourtant des peintres aussi importants que Derain, Dufy ou Utrillo, et fut un familier de Chagall et de Picasso (on connaît d’ailleurs Coquiot par le portrait qu’en a fait Picasso, le tableau est conservé au Musée d’art moderne de Paris). La relation entre les deux hommes, qui vont écrire ensemble plusieurs pièces de théâtre, est d’emblée placée sous le signe de la collaboration littéraire. Dans les premiers temps, Lorrain fait appel à Coquiot pour qu’il le soulage d’une partie de ses chroniques, avec une confusion ou un entremêlement d’identités dont on peut se demander s’ils ne jouent pas un rôle dans le processus qui les conduira au travail théâtral à quatre mains. Sur <i>La femme et le pantin</i> que lui a envoyé l’éditeur Borel : « Voulez-vous m’ôter une formidable épine du pied en me bâclant cette notice et en la lui portant demain, de ma part, comme si je vous l’avais dictée ? » (p. 25). Puis Lorrain, alors qu’il est en province, va utiliser les lettres sur la vie parisienne que Coquiot lui envoie, pour rédiger ses proches chroniques, en citant presque intégralement et officieusement le texte de son correspondant. Dans toutes les questions qui touchent à la distinction entre lettre privée et lettre publique, dans celles qui portent sur l’identité réelle ou empruntée du locuteur, enfin dans tout ce qui peut avoir trait à la supercherie épistolaire, ces missives apportent une contribution intéressante. Sous une forme humoristique, Lorrain prête l’un de ses pseudonymes littéraires à Coquiot, pour une chronique qu’il lui demande d’écrire pour lui : « Puis-je vous passer la main et me décharger sur vous de cet ennui ? […] je vous autorise à signer Craintif de la Bretonne ! » (p. 81). À d’autres moments, c’est Coquiot qui semble se plaindre que Lorrain publie ses lettres sur les échos parisiens en les signant de son nom. Jean Lorrain : « Signer la lettre de votre nom ? […] J’écrirai à Marchand moi-même que je tiens les renseignements de vous, exprès. Je lui dirai que vous m’avez écrit » (p. 55). Comme nous le voyons, les deux hommes écrivent finalement l’un pour l’autre, l’un à la place de l’autre, et l’on comprend assez bien comment ils en arriveront à écrire ensemble. Ce recueil nous donne en effet à suivre la construction de pièces de théâtre qu’ils rédigent tous deux, avec une précision par moment exceptionnelle. Nous suivons véritablement à travers les lettres de Lorrain la construction de scénarios d’adaptation. Celle du 14 juin 1903 se lit comme un synopsis, dont il ne manquerait que les dialogues, laissés aux soins de Coquiot (« À vous le dialogue », p. 96). Nous voyons aussi comment s’effectuent la distribution des rôles, l’échange et le partage des deux plumes, la progression vers l’accord final. Jean Lorrain, après avoir lu la part de travail laissée à Coquiot : « De grâce, ne changez rien au 1er tableau. C’est dans sa rapidité et son imprévu que réside toute son originalité. […] Faites lever et venir Lina dans le salon, augmentez l’angoisse de la mère qui l’empêche d’entrer dans sa chambre et craint le retour de Laclos, oui, cela, à la rigueur, mais pas de scène avant la sonnerie électrique. Pour le 2ème nous sommes d’accord. » (p. 99). On regrette bien sûr de n’avoir pas les textes de Coquiot pour compléter ce matériau. Enfin, outre qu’elles nous donnent à connaître l’activité dramaturgique de Lorrain, ces lettres regorgent d’informations sur le foisonnant théâtre du début du XXe siècle, dans le détail de ses lieux, de ses comédiens et de ses enjeux, notamment sur le genre du « Grand-Guignol » aujourd’hui très peu étudié. </p>
<p style="text-align: right;">S.A.</p>
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		<title>Correspondance d’Alphonse de Lamartine : suppléments (1811-1866) / textes réunis, classés et annotés par Christian Croisille, Champion, 2007 (Coll. Textes de littérature moderne et contemporaine), 608 p.</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Oct 2013 14:55:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[marianne]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[comptes rendus de correspondances]]></category>

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		<description><![CDATA[Correspondance d’Alphonse de Lamartine : suppléments (1811-1866) / textes réunis, classés et annotés par Christian Croisille, Champion, 2007 (Coll. Textes de littérature moderne et contemporaine), 608 p. Après le dernier volume de la Correspondance générale de Lamartine paraît à présent le premier volume de « Suppléments », qui rassemble 650 textes ou billets en quasi-totalité inédits, écrits entre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><b><i>Correspondance d’Alphonse de Lamartine : suppléments (1811-1866)</i> / textes réunis, classés et annotés par Christian Croisille, Champion, 2007 (Coll. Textes de littérature moderne et contemporaine), 608 p.</b></h2>
<p style="text-align: justify;">Après le dernier volume de la <i>Correspondance générale</i> de Lamartine paraît à présent le premier volume de « Suppléments », qui rassemble 650 textes ou billets en quasi-totalité inédits, écrits entre 1811 et 1866. Cet ouvrage est tout d’abord intéressant parce qu’il témoigne de l’histoire de l’édition des correspondances. Pour la constitution du volume, le principal apport est constitué d’une partie des archives familiales entrée par dation en 2004 à la Bibliothèque nationale. Au moment des premières éditions de la correspondance, établies par la famille de Lamartine en 1873 et 1882, il semblerait que ce soit l’absence de mention du destinataire et/ou de la date qui ait motivé la mise à l’écart de nombreuses lettres, ainsi que le caractère irrégulier de l’échange et/ou le relatif anonymat des destinataires. Le fragment trouve aujourd’hui pleinement sa place et sa raison d’être dans les volumes de lettres. Par ailleurs, Valentine de Lamartine semble avoir éliminé les textes où le poète évoquait, parfois très longuement, tout ce qui touche à l’argent, aux dettes et aux emprunts qui l’occupent pendant la fin de sa vie. On voit bien ici encore toute l’évolution qu’a connue l’histoire de l’édition des correspondances, que l’on cherche aujourd’hui à publier sans parti pris. C’est également bien sûr ce qui fait toute la valeur d’une édition scientifique. Le second apport documentaire est constitué par des missives retrouvées dans les réserves de deux musées, dont le musée Lamartine à Mâcon. On apprend donc qu’il reste encore des dépôts incomplètement inventoriés, ainsi que des collectionneurs auprès desquels il n’a pas été possible d’obtenir les textes. D’autres volumes de « Suppléments » devront de ce fait venir encore compléter les 13 tomes de cette correspondance. Ce livre témoigne par ailleurs de l’utilité de tout publier, car les lettres qui sont données à lire continuent à nous intéresser, affinant encore le portrait du poète que les précédents tomes nous avaient permis de dessiner. Dans la catégorie des correspondances familiales, cet ouvrage présente notamment des courriers du père de Lamartine, que nous connaissions moins que sa mère avec laquelle le poète entretenait des liens très étroits. Il est toujours question de littérature naturellement. Christian Croisille attire par exemple notre attention sur une lettre à Alexandre de Vaux qui éclaire sur les circonstances de composition d’un texte des <i>Harmonies religieuses</i>. Certaines missives nous montrent le détail de l’écriture de textes moins connus, l’ode <i>Contre la peine de mort </i>notamment, que le poète donne à relire et à corriger à ses proches. Des lettres sont échangées avec de grands écrivains, qui n’apparaissaient pas ou très peu dans les volumes précédents, tels Chateaubriand, George Sand, Frédéric Mistral ou Eugène Sue. Il est certes parfois énormément question d’argent, mais ces échanges ne manquent pas d’intérêt. Ils nous donnent à connaître Lamartine dans cette quotidienneté banale dont nous avons parlé dans nos précédentes chroniques, et sur le charme de laquelle nous avons insisté. Ils nous renseignent aussi sur la littérature dans sa dimension financière et commerciale, en nous donnant à voir avec une extrême précision les questions portant sur la propriété, les droits et les bénéfices littéraires. </p>
<p style="text-align: justify;">On dit parfois qu’une correspondance générale ne s’achève jamais. C’est sans doute aussi que la curiosité de ceux qui aiment les lettres ne s’émousse pas facilement. Nous attendons donc avec plaisir le prochain volume.</p>
<p lang="fr-FR" align="RIGHT"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><b>S. ANTON</b></span></p>
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		<title>Sainte-Beuve, Correspondance générale, Lettres retrouvées, I (1823-1859), II (1860-1869), recueillies, classées et annotées par Alain Bonnerot, Paris, Honoré Champion, « Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux », 2 volumes (798 p., 724 p.).</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Oct 2013 14:25:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[marianne]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[comptes rendus de correspondances]]></category>

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		<description><![CDATA[Sainte-Beuve, Correspondance générale, Lettres retrouvées, I (1823-1859), II (1860-1869), recueillies, classées et annotées par Alain Bonnerot, Paris, Honoré Champion, « Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux », 2 volumes (798 p., 724 p.).           Toute correspondance s’offre au lecteur comme un ensemble protéiforme et lacunaire, plus encore, paradoxalement, quand elle est dite « générale », [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><b>Sainte-Beuve, <i>Correspondance générale, Lettres retrouvées</i>, I (1823-1859), II (1860-1869), recueillies, classées et annotées par Alain Bonnerot, Paris, Honoré Champion, « Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux », 2 volumes (798 p., 724 p.).</b></h2>
<p style="text-align: justify;">          Toute correspondance s’offre au lecteur comme un ensemble protéiforme et lacunaire, plus encore, paradoxalement, quand elle est dite « générale », qualificatif que les éditeurs réservent aux publications qui prétendent embrasser l’intégralité d’une correspondance – lettres envoyées et lettres reçues. Protéiforme, parce que le principe de l’intégralité du corpus épistolaire présenté interdit par principe toute sélection en fonction de quelque paramètre que ce soit ce qui génère forcément une certaine disparate ; lacunaire, cependant, parce que rien n’assure jamais à l’éditeur d’une correspondance la complétude de son ensemble, d’autant plus quand le cœur de la galaxie est un épistolier aussi assidu que le fut Sainte-Beuve, lui qui déclarait à l’envi « j’ai toujours aimé les correspondances »… Fervent amateur de lettres, ayant contribué à l’émergence d’un goût véritable pour les correspondances et pout tout ce que Barbey d’Aurevilly appelait la « littérature épistolaire », Sainte-Beuve fut aussi un grand praticien de la lettre, comme ces deux volumes de lettres retrouvées en attestent. Ils viennent s’adjoindre au grand ensemble de la <i>Correspondance générale</i> de l’écrivain, dont la publication, qui compte dix-neuf volumes, s’échelonna de 1935 à 1983. C’est Jean Bonnerot qui se lança dans les années 1930 dans cette entreprise vertigineuse de rassembler, recenser, classer et annoter la correspondance de celui qui, de par sa posture et sa fonction dans le champ littéraire de son temps, apparaît aujourd’hui comme la mémoire de son siècle. Exemplaire, l’édition de Jean Bonnerot allait plus loin que la seule publication des lettres en fournissant quantité de clés ouvrant l’univers où évoluait Sainte-Beuve. C’est dans le sillage de son père qu’Alain Bonnerot s’est situé quand il a repris sa succession comme éditeur de la correspondance beuvienne. De l’un à l’autre on trouve la même rigueur scrupuleuse quant à l’identification de la lettre (il arrive d’ailleurs que la date de telle lettre établie par Jean Bonnerot soit rectifiée par Alain) ; le même soin apporté à la contextualisation de la lettre ; le même souci de mettre en perspective à partir du document épistolaire tout un panorama littéraire. Pour compléter ce tableau Alain Bonnerot convoque fréquemment des lettres de tiers qui permettent de mieux situer Sainte-Beuve et d’apprécier sa place et son pouvoir dans l’institution littéraire de son temps. Il ne manque pas non plus de signaler les lettres manquantes qu’il a pu repérer grâce celles que Sainte-Beuve a reçues, redonnant ainsi toute leur densité à ces dialogues épistolaires dont il a recueilli dans ces deux volumes des fragments oubliés.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela étant, éditer des lettres « retrouvées » ‑ ces suppléments inattendus qui viennent toujours peu ou prou déranger un ensemble déjà constitué et s’y engrènent plus ou moins bien ‑ est une tâche délicate dont Alain Bonnerot s’acquitte admirablement. Toutes ces lettres qui, pour des raisons diverses, ont échappé à la publication précédente se présentent forcément de façon dispersée et même si des séries chronologiques peuvent être restituées une certaine disparate dans le matériau épistolaire se fait sentir qui peut nuire à la facilité et à la séduction de la lecture. Ce phénomène est davantage sensible dans le premier volume qui rassemble des lettres datées de 1823 à 1860 d’inégale importance, aussi bien en volume que dans leur contenu : du simple billet factuel, où défile le quotidien anecdotique – perte d’un parapluie, demande de cigarettes de camphre, rendez-vous manqués…‑ à de longues lettres plus professionnelles qui apportent de précieuses informations sur le critique, sa méthode, ses enjeux, comme cette lettre où, préparant un article sur Chênedollé, avec la femme duquel il est en correspondance, Sainte-Beuve s’explique sur sa conception du portrait littéraire (I, 451) et son plaisir particulier à « <i>pourtraire</i> » (I, 344), comme il dit, certains de ses contemporains. C’est sans doute le plus grand apport de ces lettres retrouvées que de donner de brefs et néanmoins lumineux aperçus sur Sainte-Beuve au travail dans sa vie de « semainier » : demande de documentation, lecture d’articles, conversations avec les proches de l’auteur étudié et consultation de sa bibliothèque, car pour le critique « rien n’est à négliger dans l’histoire littéraire » (II, 278). On mesure la part de recherche et de travail sur laquelle se fonde l’article du lundi, ce boulet que Sainte-Beuve traîne semaine après semaine et qui l’occupe dès le lundi soir jusqu’au vendredi, « jour de collier » (II, 89) où il doit remettre sa causerie. Sainte-Beuve le dit : « je suis un ouvrier littéraire et non un <i>conceptionniste</i> » (II, 88) ; sa critique n’est pas le fruit d’un système mais d’une méthode patiemment mise au point, et ses lettres le montrent exemplairement. C’est aussi toute la vie littéraire du temps qui s’anime par la grâce de ces lettres qui font défiler petits et grands acteurs de la vie culturelle et politique du siècle : Chateaubriand, Banville, Leroux, Rémusat, Mérimée, Marie d’Agoult, Hortense Allart, Poulet-Malassis, Hachette, Véron… et beaucoup d’autres. Il faut saluer à cet égard l’excellent index des noms propres fourni par l’éditeur qui y adjoint un précieux « index propre à Sainte-Beuve », véritable <i>vade mecum</i> pour suivre et comprendre la carrière du critique. </p>
<p style="text-align: justify;">Dans le second volume (1860-1869) Alain Bonnerot fait figurer, outre les lettres diverses de cette période, des massifs autonomes d’un grand intérêt : une centaine de lettres de Sainte-Beuve adressées à Malvina Blanchecotte, femme poète, avec laquelle il a entretenu des rapports d’amitié amoureuse (1855-1869) ; un important ensemble de plus de cent lettres de la Princesse Mathilde à Sainte-Beuve ; et enfin, en appendice, un dossier autour des lettres d’Adèle Hugo. Ainsi constitué ce second volume dévoile un Sainte-Beuve plus intime, qui « tourne de plus en plus à la taciturnité mélancolique » (II, 452) et affronte des deuils jamais vraiment accomplis, celui de la poésie d’abord, et d’une vocation très tôt étouffée ; celui de l’amour également. A Malvina il adresse ses euphémiques regrets ‑ « il est fâcheux que nous nous soyons connus un peu trop tard » (II, 454) ‑ et fait le bilan désillusionné de son existence : « Je n’ai jamais eu huit jours de suite que j’eusse voulu recommencer » (II, 459). C’est aussi à Malvina qu’il écrit cette phrase, que nous, lecteurs surnuméraires de sa correspondance, pouvons aussi entendre : « Je suis en un mot ce que mes lettres m’ont constamment montré à vous » (II, 460). Il revient à Alain Bonnerot d’avoir ainsi complété l’image de Sainte-Beuve dans le miroir de sa correspondance : ces deux volumes de « lettres retrouvées » apportent leurs nuances de détails qui viennent éclairer et enrichir le grand panorama épistolaire fourni naguère par Jean Bonnerot. </p>
<p lang="fr-FR" align="RIGHT"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><b>Brigitte Diaz</b></span></p>
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